• Dio vi salvi Regina

    L'origine de l'hymne corse.

       
    Dio vi salvi Regina
    E Madre Universale
    Per cui favor si sale
    Al Paradiso.

    Voi siete gioia e riso
    Di tutti i sconsolati,
    Di tutti i tribolati,
    Unica speme.

    A voi sospira e geme
    Il nostro afflitto cuore,
    In un mar di dolore
    E d'amarezza.

    Maria, mar di dolcezza
    I vostri occhi pietosi,
    Materni ed amorosi
    A noi volgete.

    Noi miseri accogliete
    Nel vostro santo Velo
    Il vostro Figlio in Cielo
    A noi mostrate.

    Gradite ed ascoltate,
    O Vergine Maria,
    Dolce, clemente e pia,
    Gli affetti nostri.

    Voi dei nemici nostri
    A noi date vittoria ;
    E poi l'Eterna gloria
    In Paradiso.
    Que Dieu vous garde, Reine,
    Et Mère universelle
    Par qui on s'élève
    Jusqu'au Paradis.

    Vous êtes la joie et le rire
    De tous les attristés,
    De tous les tourmentés,
    L'unique espérance..

    Vers vous soupire et gémit
    Notre cœur affligé
    Dans une mer de douleur
    Et d'amertume.

    Marie, mer de douceur,
    Vos yeux pieux
    Maternels et aimants,
    Tournez-les vers nous.

    Nous, malheureux, accueillez-nous,
    En votre saint Voile
    Votre fils au Ciel
    Montrez-le nous.

    Acceptez et écoutez
    Ô Vierge Marie,
    Douce, clémente et pieuse,
    Nos marques d'affection.

    Sur nos ennemis
    Donnez-nous la victoire ;
    Et puis l'Éternelle gloire
    Au Paradis.

    source : Michel Vergé-Franceschi, Histoire de Corse

    Origine de l'hymne corse
         
    L'hymne corse est à l'origine un chant religieux dédié à la Vierge.
    A la fin du XIe siècle, l'évêque du Puy, Adhémar de Monteil écrit, en latin, le Salve Regina. Il deviendra l'un des chef de la première Croisade. Il meurt à Antioche en 1098.
    A la fin du XVIIe siècle, le jésuite Francesco de Geronimo, originaire de Grottaglie (province de Tarente) s'occupait des plus démunis des quartiers mal famés de Naples. Il désirait leur offrir une version du Salve Regina qui puisse être comprise par tous. Ce n'est pas exactement une traduction du texte latin.
    Les relations entre Naples et la Corse sont assez étroites : des Corses vivent à Naples et des hommes d'église Napolitains vont prêcher en Corse... Ce chant d'origine napolitaine se fait alors connaître en Corse.

    Il existe plusieurs versions du texte : certains mots italiens sont parfois remplacés par des mots corses : le -o devient souvent -u et le titre peut s'écrire Dìu vi salvi, Regina.
    N'oublions pas qu'à l'époque de Pasquale Paoli, on n'écrivait jamais en corse mais en italien ! Les paroles sont dépendantes de la musique et il est impossible d'avoir une version totalement corse, ou alors il faudrait modifier le texte.
    On constate deux variantes dans l'hymne corse par rapport à l'original :
    disperati > tribolati (seconde strophe) : c'est sans doute une variante napolitaine
    nemici vostri > nemici nostri (dernière strophe) : ce changement est d'une importance capitale ! À l'origine, le chant religieux évoque les ennemis de la Vierge, c'est à dire le malheur qui frappe les pauvres de Naples.


    Les Corses ont fait d'un chant religieux un chant guerrier. La Vierge n'est pas évoquée pour protéger les plus malheureux mais pour protéger les Corses contre leurs ennemis !
    Ce chant est devenu l'hymne corse en 1735, suite à une révolte des Corses contre Gênes. Le drapeau corse est alors une bannière à l'image de la Vierge. Mais Gênes redevient rapidement le maître de l'île et les chefs corses, dont le père de Pasquale Paoli, doivent prendre le chemin de l'exil qui conduit la famille Paoli... à Naples.
     
     
     
      Salve Regina  
      traduction en français
       
    Salve Regina, Mater misericordiæ,
    Vita, dulcedo et spes nostra, salve !


    Ad te clamamus exsules filii Evæ,
    Ad te suspiramus gementes et flentes,
    in hac lacrimarum valle.


    Eja ergo advocata nostra,
    illos tuos misericordes oculos ad nos converte,
    Et Jesum, benedictum fructum ventris tui
    nobis, post hoc exsilium, ostende,
    O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.
    Salut Reine, Mère de miséricorde,
    notre vie, notre douceur et notre espoir, salut !


    Vers toi nous appelons, nous les fils exilés d'Ève,
    Vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant,
    dans cette vallée de larmes.


    Toi qui es notre défenseur,
    tourne tes yeux miséricordieux vers nous,
    Et Jésus, le fruit béni de tes entrailles,
    montre-le nous, après notre exil,
    ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie.




  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :